Sortie géologie Gandaillat – 25 avril 2026 – Compte-rendu


Le samedi 25 avril 2026, cinq adhérents de l’association ont répondu à l’invitation d’une sortie sur le thème de la géologie régionale. François Brugière, notre ami de l’association des astronomes, nous a fait le plaisir d’animer cet après-midi à la carrière de Gandaillat. Son passé de professeur de SVT et ses activités récentes en compagnie de géologues du LMV (Laboratoire Magmas Volcans) en ont fait un guide de choix pour discuter de l’histoire de la Limagne.

Gandaillat se situe entre Clermont-Ferrand et Lempdes, à proximité de l’aéroport d’Aulnat. C’est une zone en relief où la présence de roches calcaires fut exploitée par un carrier. La ville de Clermont-Ferrand a fait l’acquisition du site en 2014. Sur simple demande, les visites y sont maintenant possibles.

Le parcours débute par l’observation d’un imposant mur, de couleur blanche/beige. Il s’agit des stigmates de l’ancienne carrière. Cet affleurement de plusieurs dizaines de mètres de long surprend par son aspect hétérogène et stratifié : des couches plus ou moins foncées semblent alterner de manière cohérente sur la longueur. François nous explique qu’il s’agit d’une roche sédimentaire formée il y a des dizaines de millions d’années lors de l’effondrement du bassin de Limagne.

La faille de la Limagne apparaît par un mécanisme tectonique lors de la formation des Alpes. La croûte amincie dans le secteur se rompt et un bassin s’ouvre progressivement sur des dizaines de kilomètres vers l’est. Le plateau granitique bordant la zone déverse ses sédiments transportés par gravité jusqu’aux points les plus bas. Les boues et argiles se fixent et s’enfoncent jusqu’à former aujourd’hui une épaisseur totale de 2000 mètres. Il faut s’imaginer la Limagne comme un vaste espace de zones humides, marécages de faible profondeur. A la faveur des variations climatiques, des assèchements pouvaient se produire. Aujourd’hui, ce sont ces variations hydrologiques qui permettent d’expliquer les différentes couches superposées.

On trouve principalement des marnes et des argiles calcaires sur cette falaise. Nos observations ont conduit à la découverte de roches emprisonnant des fragments de coquilles d’œuf. Sûrement des œufs d’oiseaux type échassiers qui ont nichés il y  a quelques millions d’années !

La suite du parcours nous amène vers un second affleurement. Ici, une couche encore différente s’offre à nous, on y rencontre des structures rocheuses étonnantes : des stromatolithes. Il s’agit de gros blocs en forme de chou-fleur sur une hauteur avoisinant les 50 cm. Ces structures atypiques permettent de retracer l‘histoire du lieu et notamment des étendues d’eau. En effet, dans des conditions de faibles hauteurs d’eau, des colonies de cyanobactéries étendent leur biofilm sur un substrat granuleux. La photosynthèse de ces organismes entraîne une réaction chimique qui aboutit à la précipitation de calcaire. Cette roche est finalement constituée de multiples feuillets empilés et construits grâce à l’action des cyanobactéries. On parle de roche biogénique et sédimentaire. Un édifice presque complet avait été déchaussé de la falaise pour représenter plus facilement leur aspect. Sur le chemin surélevé, en se plaçant au même niveau d’altitude que la couche de stromatolithe, on retrouve d’autres édifices, vus de dessus.

Nous nous sommes ensuite attardés sur une autre formation remarquable : deux failles normales (extension) opposées formant un mini fossé d’effondrement représentatif du bassin de la Limagne à petite échelle. La direction Ouest-Est de cette faille trahit bien les mouvements tectoniques engagés suite à l’élévation des Alpes et est cohérente avec ce qu’on peut observer à grande échelle.

La sortie s’est terminée par une lecture de paysage sur le point le plus haut du site. Ce fut l’occasion de discuter aussi du volcanisme plus récent de la Chaîne des puys, des différentes coulées de lave désormais en relief inversé ou encore des vestiges du volcanisme de Limagne comme le puy de Crouël.

Nous remercions très chaleureusement François pour son enthousiasme partagé et toutes ses formidables explications ! A bientôt pour de nouvelles aventures géologiques, naturalistes ou astronomiques. 

Photographies : Ambre Durin, Kévin Gatignol

Rédaction du compte-rendu : Kévin Gatignol

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